23 juin 2011

De l'adultisation

 

Je suis atteinte d’un syndrome dit « de Peter Pan ». Je suis l’enfant qui ne veut pas grandir. Il ne faut pas confondre le syndrome de Peter Pan et celui de « Tanguy » apparu récemment et s’y opposant fondamentalement.

 

Syndrome n°1 : Le syndrome de Tanguy. Tanguy est une comédie française réalisée en 2001 par Etienne Chatiliez. En gros (très gros) c’est l’histoire d’un trentenaire qui n’a toujours pas quitté papa-maman et ça pose un peu problème dans sa vie tout ça. Le syndrome de Tanguy c’est donc l’adulte qui a peur de la vie sans ses parents et ne peut pas imaginer de s’assumer tout seul et il pense aussi (à tort ou à raison) que quitter sa maman lui briserait le cœur, mais en générale ce n’est qu’une excuse pour avoir son linge lavé, sa bouffe préparer et continuer à vivre comme un ado attardé. Ca c’est un Tanguy, un mec (ou une fille) qui assume pas d’avoir une vie à lui, des responsabilités, des problèmes autres que « merde ma ps3 a grillé »

 

Syndrome n°2 : Le syndrome de Peter Pan.Peter Pan est un personnage fictif créé par l'auteur écossais J. M. Barrie, apparu pour la première fois dans le roman The Little White Bird (Le Petit Oiseau Blanc[]), puis dans la pièce éponyme et enfin dans le roman Peter and Wendy, plus connu sous le titre Peter Pan. Le personnage et l'œuvre ont ensuite été adaptés à de nombreuses reprises au théâtre, au cinéma, ou encore en bande dessinée. Peter Pan c’est un enfant qui ne grandit pas. Il vit au pays imaginaire, il déteste les adultes (représentés par le Capitaine Crochet), il ne s’intéresse pas à l’amour, au futur, il vit l’instant présent et ne fait que s’amuser toute la journée, sans personne pour lui dicter de règles. Pour lui, une « maman » c’est une femme douce et gentille qui lit des histoires aux enfants. Peter n’abandonnera jamais le pays imaginaire et il n’abandonnera jamais son enfance.

Je suis atteinte du syndrome n°2. Même s’il faut grandir dans notre monde, car il n’existe pas de pays imaginaire, Peter Pan représente ce que nous devrions tous être : des personnes sensibles et pragmatiques, qui voient le côté positif des choses mais comprennent la gravité des moments comme la mort, la douleur, la peine.  Pour les Peter Pan, la vie est un grand plateau de jeu et les gens qui ne s’y amusent pas et bien… se sont des adultes, et « adultes » c’est une insulte.

Je n’ai pas besoin de devenir une adulte. J’ai mon univers, ma bulle, les gens qui y entrent son rares mais ils existent. Je préfère jouer à être grande que de le devenir vraiment. J’ai des responsabilités, je vis seule, je paye des factures, je sors mes poubelles et je me fais de bons petits plats équilibrés à manger. Mais je n’en suis pas plus une adulte. Je ne suis pas de ces gens qui pensent que s’amuser ce n’est pas raisonnable. Mes 8 ans c’est mon refuge. C’est une époque heureuse et douce, une époque insouciante et facile. Je fais en sorte que mes 19 le soient aussi. Je profite de bonheurs simples, je joue, je voltige entre les activités possibles.

Etre parisien lorsque l’on est « adulte » c’est un enfer. On a tout à porté de main mais, comme beaucoup vous le diront, « c’est drôle, j’habite en face de l’opéra je n’y ai jamais mis les pieds ». Oui, c’est drôle. Moi j’ai pris mon ticket pour le Lac des Cygnes en novembre, je vais au cinéma dès que je peux, je vais au théâtre, je m’attarde lors des spectacles de rue, je vais au karaoké, je vais même voir les match de football américain au stade Charletty. Et j’ai un travail qui me permet de me le permettre. Je ne grandirais jamais. Mais que c’est triste d’être Peter Pan dans le monde réel. Je me dois de jouer le rôle de l’adulte pour ne pas être exclue complètement.

 

Vivre, ça doit être une sacrément belle aventure !

Mourir doit sacrément être une belle aventure !

-

Peter Pan

Posté par mysanthrope à 11:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur De l'adultisation

Nouveau commentaire